Métiers à haut risque de perte auditive
Un bruit trop fort et trop fréquent au travail peut endommager votre audition. La perte auditive professionnelle figure dans le top trois des maladies du travail.
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Un bruit trop fort et trop fréquent au travail peut endommager votre audition. La perte auditive professionnelle figure, aux côtés des affections psychiques et physiques, dans le top trois des maladies professionnelles ; sur l’ensemble des maladies professionnelles, environ une déclaration sur trois concerne un dommage à l’audition. Ramené en chiffres, cela signifie que plus d’un demi-million de travailleurs courent un risque de surdité ou de baisse d’audition due au bruit. Dans la pratique, le nombre de cas de perte auditive est probablement encore plus élevé, car beaucoup de personnes souffrant d’un problème auditif ne font pas immédiatement le lien entre ce trouble et leur environnement de travail. Il est donc utile de savoir quels sont les métiers à haut risque de perte auditive.
La perte auditive survient lorsque les cellules ciliées de l’oreille sont endommagées. Le vieillissement peut en être une cause, mais l’exposition à des bruits intenses également. Sous l’effet de la pression acoustique, les cellules ciliées sont surchargées et finissent par se détériorer. Elles ne transmettent alors plus aucune information ou transmettent des informations erronées, de sorte que vous entendez moins bien, ou que vous ne percevez plus que des sifflements ou des bourdonnements. Cette atteinte est irréversible.
La communication revêt une importance capitale dans pratiquement tous les métiers. Pensez par exemple à une réunion de travail ou à une consigne de sécurité. Par ailleurs, une communication sans accroc contribue à une ambiance positive sur le lieu de travail. Un travailleur souffrant d’une mauvaise audition peut dès lors rencontrer des difficultés. Outre la perte auditive, un bruit fort et fréquent peut aussi entraîner de la fatigue, des troubles de la concentration, du stress et une hausse de la tension artérielle. Le risque d’accident augmente lui aussi, car les signaux d’alerte ne sont pas ou mal entendus. Les troubles provoqués par le bruit nocif influencent souvent l’absentéisme. Dans le pire des cas, la combinaison de plaintes psychiques et physiques résultant des nuisances sonores peut même conduire à une dépression ou à un burn-out.
Pour protéger leurs travailleurs contre la perte auditive, les employeurs doivent recenser les endroits et les tâches susceptibles de présenter des risques. Des mesures (complémentaires) doivent être prises et l’efficacité de ces mesures doit être contrôlée.
Le bruit
Le bruit peut se définir comme la variation audible de la pression de l’air. Lorsque l’écart de pression de l’air est très important, des dommages peuvent survenir dans l’oreille. Une exposition à une forte dose de bruit peut provoquer une diminution temporaire de l’audition, des acouphènes ou la perception d’un sifflement. En cas d’exposition occasionnelle, l’audition pourra dans la plupart des cas se rétablir de ces troubles. En revanche, une exposition fréquente peut entraîner une perte auditive permanente. Ce dommage peut survenir de manière aiguë, mais il s’installe le plus souvent de façon progressive. Lorsqu’une personne est gênée par une perte auditive d’apparition progressive, cela peut se manifester dans les situations suivantes :
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la personne concernée monte de plus en plus le volume de la radio et de la télévision
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elle se met elle-même souvent à parler plus fort
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elle a du mal à mener une conversation téléphonique ou un échange dans un environnement bruyant
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elle ne parvient plus à entendre les sons faibles ni les tonalités aiguës
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elle perçoit parfois des bourdonnements, des sifflements ou des tintements.
Dans quelles catégories professionnelles le risque de perte auditive est-il plus élevé ?
Le nombre de déclarations de maladie liées à un dommage auditif dépend fortement du secteur dans lequel on travaille. La perte auditive dans la construction et le secteur industriel sont des problèmes bien connus, notamment en raison du bruit généré par l’utilisation de machines lourdes. Pourtant, le risque de perte auditive est également présent dans de nombreux autres métiers. Dans ces catégories professionnelles, la perte auditive s’installe généralement de manière progressive, si bien qu’on ne l’associe pas toujours immédiatement à l’exercice du métier concerné. Les métiers exposés à des niveaux sonores élevés sont notamment :
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les ouvriers du bâtiment
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les travailleurs du métal et du bois
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le personnel des services publics, comme la police et la défense
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les agriculteurs
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les chauffeurs de camion
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les caristes
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les disc-jockeys
Le bruit nocif se rencontre toutefois aussi dans des lieux moins évidents, comme les crèches, les centres récréatifs, les piscines et les salles de sport. Ainsi, les professeurs d’éducation physique courent un risque de perte auditive lorsqu’ils donnent cours dans des salles de gymnastique ou des halls sportifs à la mauvaise acoustique. La combinaison du crissement des chaussures de sport, du rebond des ballons, du son strident des sifflets d’arbitre, du choc des crosses de hockey les unes contre les autres et des cris de tout un groupe d’enfants produit un véritable déluge de bruit. En raison de la mauvaise acoustique, due à la finition de ces espaces souvent vastes et hauts avec des matériaux durs, un long temps de réverbération s’installe, ce qui entraîne des réflexions sonores désagréables. Ces réflexions peuvent avoir des conséquences pénibles pour les personnes qui séjournent longtemps dans la salle. Dans le secteur de l’enseignement, les professeurs de technologie et les maîtres-nageurs courent eux aussi un risque accru de perte auditive.
Les personnes travaillant dans l’horeca, par exemple dans un café animé, présentent également un risque accru de perte auditive. Les hygiénistes dentaires et les plâtriers utilisent des appareils qui émettent un bruit continu pendant leur emploi. Cela aussi peut, à terme, entraîner une perte auditive. Le personnel des services de secours et les motards de la police subissent eux aussi souvent les nuisances de bruits intenses durant leur travail.
Quand le bruit devient-il nocif ?
Le nombre de décibels perçu varie selon le lieu de travail. Dans un bureau moyen, vous travaillez à 50 décibels, tandis que sur la piste de décollage, face à un avion qui s’envole, vous êtes confronté à 140 décibels. Voici un aperçu d’un certain nombre de métiers qui se situent entre ces deux extrêmes :
Métier et nombre de décibels
Employé dans un bureau calme 50 dB Serveur 55-75 dB Enseignant 75 dB Accueil de la petite enfance 70-80 dB Employé de la distribution 70-84 dB Personnel de soins intensifs 45-85 dB Chauffeur de camion 75-90 dB Motard de la police 90 dB Moniteur sportif 70-93 dB Maître-nageur 80-100 dB Dentiste 70-92 dB Personnel de bar 90-102 dB Employé de salle de sport 95-100 dB Employé lors d’un concert 110 dB
Le niveau sonore à partir duquel vous risquez une perte auditive permanente débute autour de 80 décibels. La perte auditive dépend de la fréquence et de la durée d’exposition à ce niveau.
Législation relative au bruit
Selon la norme du travail, il est nocif pour un travailleur de travailler huit heures durant à 80 décibels. Si le niveau sonore est constamment supérieur à 80 décibels, une perte auditive peut déjà survenir au cours d’une seule journée de travail. Pour vous donner une idée : si vous ne parvenez plus à vous comprendre lors d’une conversation à un mètre de distance l’un de l’autre, le niveau sonore dépasse selon toute vraisemblance les 80 dB. Les employeurs sont légalement tenus de prévenir tout dommage chez leur personnel, y compris donc la perte auditive. Le travailleur a lui aussi, par ailleurs, certaines obligations.
Comme vous l’avez lu plus haut, le niveau sonore s’exprime en décibels (dB). Chaque oreille présente une sensibilité différente aux diverses fréquences. Pour en tenir compte, le bruit est mesuré à l’aide d’un filtre A. Le niveau sonore s’exprime alors dans l’unité dB(A). Concernant le bruit sur le lieu de travail, les règles suivantes sont inscrites dans la loi :
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l’employeur doit mettre des protections auditives à disposition lorsque le travailleur est exposé quotidiennement à plus de 80 dB(A)
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le travailleur est tenu de porter des protections auditives en cas d’exposition quotidienne à plus de 85 dB(A)
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en cas d’exposition à plus de 85 dB(A), un plan d’action doit être établi. Ce plan d’action fait partie d’une analyse des risques et d’une évaluation. Celle-ci cartographie les risques et les dangers pour le personnel d’une entreprise. On examine quels sont les risques professionnels et lesquels sont les plus importants et/ou les plus élevés. Le plan d’action doit préciser clairement quelles mesures sont prises pour lutter contre la perte auditive. Le plan doit être évalué régulièrement.
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si la valeur limite de 87 dB(A) est dépassée, le bruit doit immédiatement être ramené sous cette valeur limite (la valeur limite est mesurée dans l’oreille, en tenant compte des protections auditives)
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les employeurs doivent informer les travailleurs des dangers du bruit
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afin de pouvoir vérifier si les mesures prises sont efficaces, les travailleurs ont droit à un test auditif au moins une fois tous les quatre ans.
Pour vous donner une idée de la rapidité avec laquelle une personne court un risque de perte auditive à un niveau sonore donné, voici ci-dessous quelques lieux de travail avec le nombre de décibels (en moyenne) ainsi que le nombre d’heures de travail sans danger à ce niveau de dB :
Lieu, nombre de dB et durée sans danger
Piscine 80 dB – 8 heures Chantier de construction 86 dB – 1 heure Atelier métallurgie 95 dB – 15 minutes Discothèque 102 dB – moins de 5 minutes

Comment prévenir la perte auditive ?
Pour déterminer la dose quotidienne de bruit, la loi se fonde sur des journées de travail de huit heures. En exposant les travailleurs moins longtemps au bruit, on peut réduire la charge. Une diminution de moitié de la durée entraîne une baisse de 3 dB(A). Ainsi, pour une exposition de huit heures à 83 dB(A), la charge passera à 80 dB(A) au bout de 4 heures, à condition que la dose de bruit soit nettement plus faible durant les quatre autres heures.
Pour réduire le bruit nocif sur le lieu de travail, un employeur peut prendre plusieurs mesures :
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il peut acheter et utiliser des machines plus silencieuses
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il peut (faire) développer des méthodes de production plus silencieuses
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il peut placer les machines dans des armoires spéciales insonorisantes
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il peut faire travailler son personnel dans des cabines insonorisantes
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il peut tenter de limiter au maximum la durée d’exposition.
Si les mesures mentionnées ci-dessus ne peuvent pas être mises en œuvre, ou pas immédiatement, ou si elles s’avèrent insuffisamment efficaces, il faut recourir à des moyens de protection auditive.
Les employeurs et les travailleurs ne sont souvent pas conscients du niveau sonore sur le lieu de travail ni des risques associés de perte auditive dans la construction et dans tous les autres secteurs professionnels. Lorsque vous êtes confronté quotidiennement au bruit sur votre lieu de travail, une protection auditive (préventive) est vivement recommandée.
Dans le secteur de la construction et de l’industrie, les protections auditives sont les plus répandues : 70,6 % des travailleurs utilisent régulièrement des protections auditives. Des études révèlent toutefois que tous les secteurs où les travailleurs sont confrontés au bruit pendant leurs heures de travail n’utilisent pas de protection auditive. Le pourcentage est déjà nettement plus bas dans le secteur des services (36 %), l’agriculture (33,6 %), le transport (27,5 %) et les loisirs (20,7 %), et c’est surtout dans les soins de santé (7,3 %), l’horeca (7,1 %) et l’enseignement (10,3 %) que l’on y a rarement recours, malgré des niveaux sonores élevés. Ces données proviennent du rapport « Beroepsziekten in Cijfers » du NCvB et de l’enquête nationale sur les conditions de travail du TNO.
La protection auditive au travail
Pour réduire les risques de perte auditive due à l’exposition au bruit, vous pouvez recourir à des protections auditives telles que les otoplastiques. Il s’agit de bouchons d’oreilles sur mesure. Grâce à leur ajustement précis, réalisé sur la forme de votre oreille, ils sont extrêmement confortables. Les otoplastiques intègrent un filtre qui assure une atténuation parfaite des sons gênants. Comme il existe différents filtres, on trouve pour chaque situation un filtre adapté, qui peut être fixé sur le bouchon. Les bouchons d’oreilles sont fabriqués dans un matériau souple et doux, ce qui améliore le confort de port. Les otoplastiques constituent une excellente protection auditive au travail : ils sont petits et passent presque inaperçus, mais durent des années. Ils font très bien leur travail avec discrétion et représentent un investissement de premier ordre pour vos oreilles.